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Avant de vous présenter dans quelques jours l’analyse financière du groupe Tesla, aujourd’hui, je vous présente le plan type d’une analyse financière telle que de nombreux étudiants d’HEC (et d’autres écoles) l’apprennent et telle que de nombreux financiers la font.

L’objectif de toute analyse financière est de diagnostiquer le passé pour comprendre le présent et pour prévoir l’avenir.
Toute analyse financière se fait donc sur plusieurs années : 3 minimum.

Les deux questions auxquelles l’analyse financière répond sont :

en tant qu’actionnaire, faut-il investir ou non dans la société ? Et si nous sommes déjà actionnaire de cette société, ne faut-il pas revendre rapidement ses actions ?

en tant que prêteur, la société a-t-elle les capacités de rembourser ses dettes ? En d’autres mots, en tant que banquier, vais-je lui prêter ou non de l’argent ?

Le plan de l’analyse financière se découpe en quatre parties et comporte une conclusion :

1ère partie : la génération de richesse

Nous analysons ici le compte de résultat de la société en regardant :

  • L’évolution de son chiffre d’affaires : en volume, en prix, en périmètre
  • L’activité de la société : est-elle saisonnière, cyclique ?
  • Les marges et les résultats de la société : brute, EBE (EBITDA), résultat d’exploitation (EBIT)
  • Le calcul du point mort et l’examen de si la société l’a atteint ou non
  • Le diagnostic d’un éventuel effet ciseau et s’il existe comment l’expliquer

Cette première partie permet de poser le décor : la société est-elle déficitaire, bénéficiaire, a-t-elle connu des variations dans son activité expliquant des résultats contrastés dans le temps ?

2ème partie : l’analyse des investissements

Cette partie se divise en deux étapes :

  • L’analyse du besoin en fonds de roulement (BFR) et de ses ratios
  • Le diagnostic de la politique d’investissement de la société et de la vétusté (ou la “jeunesse”) de son outil de production

Ces deux analyses d’une part positionnent la société par rapport à ses concurrents et à sa capacité à produire avec un avantage concurrentiel ou non et d’autre part permettent de savoir si la société a les moyens financiers (le cash, la trésorerie) pour se développer ou si elle a un besoin de financement. En effet, investir et besoin de fonds de roulement (à moins qu’il soit négatif) nécessitent du financement.

3ème partie : le financement

Nous nous interrogeons ici sur le mode de financement de la société : capitaux propres, dettes, mix des dettes ?

Et au-delà de ce mode de financement, nous posons la question de savoir si l’entreprise a les moyens de rembourser ses dettes : est-elle déjà endettée ? A quel niveau ? Peut-elle faire face à ces dettes ?

Trois temps rythment cet examen :

  • L’analyse statique : notre regard se porte sur le bilan à partir duquel nous déterminons un certain nombre de ratios que nous analysons par rapport à l’activité de l’entreprise et par rapport à des “normes” selon le secteur d’activité de l’entreprise
  •  L’analyse dynamique : notre regard se porte sur le tableau de flux de trésorerie de l’entreprise et plus particulièrement sur deux de ses lignes : le flux de trésorerie générée par l’exploitation et le flux d’investissement. Leur comparaison permet de savoir si la trésorerie générée de l’exploitation permet ou non de financer les investissements.
    En effet, sous-jacent à cette analyse, repose l'”axiome” que la dette se rembourse par l’exploitation et non par les capitaux propres
  • L’analyse de la liquidité de la société : a-t-elle la capacité de rembourser ses dettes exigibles à moins d’un an par son actif circulant ?

A ce stade, nous avons une vision précise des résultats de l’entreprise, de ses besoins de financement pour investir et de sa capacité par son exploitation à rembourser ses dettes.
La question à laquelle va répondre la quatrième partie est :
les résultats générés par l’entreprise à travers ses investissements et son mode de financement ont-ils créé de la valeur ?

4ème partie : les rentabilités 

La réponse à cette question passe par le calcul des rentabilités terme qu’il ne faut pas confondre avec profitabilité (bénéfice).

Toute notre analyse financière s’est faite sur la base d’un bilan dit bilan économique ou encore financier (distinct du bilan comptable que nous trouvons dans les rapports annuels des sociétés).

La connaissance des résultats de la société (EBITDA, EBIT, résultat net) et la détermination de ce qu’il a fallu investir pour réaliser ses résultats permettent de calculer une rentabilité qui est le rapport entre :

  • un résultat : repris dans le compte de résultat
  • et “ce qu’il a fallu pour réaliser ce résultat”, ce qu’on retrouve dans le bilan économique, sous la forme de l’actif économique et des capitaux propres

En tant qu’analyste financier, nous allons comparer la rentabilité obtenue avec ce que nous appelons le coût du capital ou le coût des capitaux des capitaux (ce sont deux coûts différents). Nous y reviendrons dans un prochain post.

Ce qu’il faut retenir aujourd’hui est que :

  • si la rentabilité est supérieure à ce coût, la société crée de la valeur
  • dans le cas contraire, la société détruit de la valeur

Cette comparaison nous permet alors de répondre à la question : “Faut-il investir dans la société ?”. La réponse est oui si la société crée de la valeur.

Conclusion de l’analyse financière : 

Nous réalisons une analyse financière avec un objectif, suivant un plan

“La génération de richesse nécessite des investissements qui doivent être financés et suffisamment rentables”

pour apporter une réponse sur la création ou non de valeur et sur la capacité ou non de l’entreprise à rembourser ses dettes.

De plus, l’analyse financière permet d’émettre un avis sur la solvabilité de l’entreprise : si celle-ci devait arrêter toute activité, pourrait-elle par ses actifs immobilisés, ses actifs circulants (réévalués à un prix de marché) et ses capitaux rembourser l’ensemble de ses dettes ?

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Plan of a financial analysis

Before presenting to you in a few days the financial analysis of the Tesla group, today I present to you the standard plan of a financial analysis such as many students of HEC (and other schools) learn it and such that many financiers do.

The objective of any financial analysis is to diagnose the past in order to understand the present and to predict the future.
Any financial analysis is therefore carried out over several years: 3 minimum.

The two questions that financial analysis answers are:

as a shareholder, should you invest or not in the company? And if we are already a shareholder of this company, shouldn’t we quickly resell our shares?

as a lender, does the company have the capacity to repay its debts? In other words, as a banker, am I going to lend him money or not?

The financial analysis plan is divided into four parts and includes a conclusion:

1st part: the generation of wealth

Here we analyze the company’s income statement by looking at:

  • The evolution of its turnover: in volume, in price, in scope
  • The activity of the company: is it seasonal, cyclical?
  • The company’s margins and results: gross, EBITDA (EBITDA), operating profit (EBIT)
  • The calculation of the breakeven point and the examination of whether the company has reached it or not
  • The diagnosis of a possible scissor effect and if it exists how to explain it

This first part sets the scene: is the company in deficit, profitable, has it experienced variations in its activity explaining contrasting results over time?

2nd part: investment analysis

This part is divided into two steps:

  • Analysis of the working capital requirement (WCR) and its ratios
  • Diagnosis of the company’s investment policy and the obsolescence (or “youth”) of its production tool

These two analyzes on the one hand position the company in relation to its competitors and its capacity to produce with a competitive advantage or not and on the other hand allow to know if the company has the financial means (cash, cash) to grow or if it needs financing. Indeed, investing and the need for working capital (unless it is negative) require financing.

3rd part: financing

We are wondering here about the method of financing the company: equity, debt, mix of debts?

And beyond this mode of financing, we ask the question of whether the company has the means to repay its debts: is it already in debt? At which level ? Can she meet these debts?

Three stages punctuate this examination:

  • Static analysis: our gaze is focused on the balance sheet from which we determine a certain number of ratios that we analyze in relation to the company’s activity and in relation to “standards” according to the sector of activity of the company
  • Dynamic analysis: our focus is on the company’s cash flow statement and more specifically on two of its lines: the cash flow generated by operations and the investment flow. Their comparison makes it possible to know whether or not the cash generated from operations makes it possible to finance investments.
    Indeed, underlying this analysis is the “axiom” that debt is repaid by operations and not by equity.
  • Analysis of the company’s liquidity: does it have the capacity to repay its debts due within one year through its current assets?

At this stage, we have a precise vision of the company’s results, its financing needs to invest and its capacity through its operations to repay its debts.
The question that the fourth part will answer is:
Have the results generated by the company through its investments and its method of financing created value?

4th part: profitability

The answer to this question involves calculating the term returns, which should not be confused with profitability (profit).

All of our financial analysis was done on the basis of a so-called economic or even financial balance sheet (separate from the balance sheet that we find in the annual reports of companies).

Knowledge of the company’s results (EBITDA, EBIT, net income) and the determination of what had to be invested to achieve its results make it possible to calculate profitability which is the ratio between:

  • a result: included in the income statement
  • and “what it took to achieve this result”, which is found in the economic balance sheet, in the form of economic assets and equity

As a financial analyst, we will compare the profitability obtained with what we call the cost of capital or the cost of capital of capital (these are two different costs). We will come back to this in a future post.

This comparison then allows us to answer the question: “Should we invest in society?”. The answer is yes if the company creates value.

Conclusion of the financial analysis:

We carry out a financial analysis with an objective, following a plan

“The generation of wealth requires investments that must be financed and sufficiently profitable”

to provide an answer on the creation or not of value and on the ability or not of the company to repay its debts.

In addition, the financial analysis makes it possible to issue an opinion on the company’s solvency: if it were to stop all activity, could it, through its fixed assets, its current assets (revalued at a market price) and its capital repay all of its debts?