Cet article vous intéresse ?Partager sur LinkedIn

Le plan d’une analyse financière : la méthode en quatre parties

Comment mène-t-on une analyse financière digne de ce nom ? Voici le plan type, celui qu’apprennent les étudiants d’HEC et d’autres grandes écoles, et que suivent de nombreux financiers. L’objectif de toute analyse financière tient en une phrase : diagnostiquer le passé pour comprendre le présent et prévoir l’avenir. Elle se mène donc toujours sur plusieurs années — trois au minimum.

Le plan d'une analyse financière en quatre parties
Le plan d’une analyse financière : quatre parties, une conclusion sur la création de valeur.

Avant de dérouler le plan, rappelons les deux questions auxquelles une analyse financière répond. En tant qu’actionnaire : faut-il investir dans cette société (ou, si j’en suis déjà actionnaire, faut-il revendre rapidement) ? En tant que prêteur ou banquier : la société a-t-elle les capacités de rembourser ses dettes, et vais-je lui prêter de l’argent ? Tout le plan, en quatre parties, vise à y répondre.

1re partie : la génération de richesse

On analyse ici le compte de résultat pour poser le décor. Plusieurs angles sont examinés : l’évolution du chiffre d’affaires (en volume, en prix, en périmètre) ; la nature de l’activité (saisonnière ? cyclique ?) ; les marges et résultats successifs (marge brute, EBE/EBITDA, résultat d’exploitation/EBIT) ; le calcul du point mort et la question de savoir s’il est atteint ; et le diagnostic d’un éventuel effet ciseau (quand les charges progressent plus vite que les produits).

Cette première partie répond à une question simple : la société est-elle déficitaire ou bénéficiaire, et a-t-elle connu des variations d’activité expliquant des résultats contrastés dans le temps ?

2e partie : l’analyse des investissements

Cette partie se divise en deux temps. D’abord, l’analyse du besoin en fonds de roulement (BFR) et de ses ratios. Ensuite, le diagnostic de la politique d’investissement et de la vétusté — ou de la jeunesse — de l’outil de production.

Ces deux analyses positionnent la société face à ses concurrents et à sa capacité à produire avec un avantage concurrentiel, et déterminent si elle dispose du cash nécessaire pour se développer ou si elle a un besoin de financement. Car investir et financer un BFR positif exigent tous deux de la trésorerie.

C’est ici que se rejoignent les notions de cycle d’exploitation que nous avons développées par ailleurs : le BFR, sa variation, et la conversion du résultat en cash. L’analyse financière les met en système.

3e partie : le financement

On s’interroge ici sur le mode de financement : capitaux propres, dettes, ou mix ? Et surtout sur une question décisive : l’entreprise a-t-elle les moyens de rembourser ses dettes ? Est-elle déjà endettée, à quel niveau, peut-elle y faire face ? Trois temps rythment cet examen.

  1. L’analyse statique porte sur le bilan, dont on tire des ratios analysés au regard de l’activité et des normes du secteur.
  2. L’analyse dynamique porte sur le tableau de flux de trésorerie, et particulièrement sur deux lignes : le flux généré par l’exploitation et le flux d’investissement. Leur comparaison dit si la trésorerie d’exploitation finance les investissements. Sous-jacent : l’axiome que la dette se rembourse par l’exploitation, non par les capitaux propres.
  3. L’analyse de la liquidité vérifie si la société peut rembourser ses dettes exigibles à moins d’un an par son actif circulant.

À ce stade, on dispose d’une vision précise des résultats, des besoins de financement pour investir, et de la capacité de l’exploitation à rembourser les dettes.

4e partie : les rentabilités

La dernière partie répond à la question ultime : les résultats générés, à travers les investissements et le mode de financement, ont-ils créé de la valeur ? La réponse passe par le calcul des rentabilités — un terme à ne surtout pas confondre avec la profitabilité (le simple bénéfice).

Précision méthodologique : toute l’analyse s’appuie sur un bilan économique (ou financier), distinct du bilan comptable des rapports annuels. La rentabilité est le rapport entre un résultat (issu du compte de résultat) et « ce qu’il a fallu pour le réaliser » (l’actif économique et les capitaux propres, au bilan économique).

Création de valeur ⇔ Rentabilité > Coût du capital

L’analyste compare alors la rentabilité obtenue au coût du capital. Si la rentabilité est supérieure à ce coût, la société crée de la valeur ; dans le cas contraire, elle en détruit. Et c’est cette comparaison qui répond enfin à la question de l’actionnaire : faut-il investir ? Oui, si la société crée de la valeur.

En synthèse : une phrase qui résume tout

L’analyse financière se mène avec un objectif et suivant un plan, que l’on peut résumer d’une formule : « La génération de richesse nécessite des investissements, qui doivent être financés et suffisamment rentables. » Chaque partie du plan éclaire un maillon de cette chaîne — richesse, investissements, financement, rentabilité — pour répondre à deux questions : la société crée-t-elle de la valeur, et peut-elle rembourser ses dettes ?

L’analyse permet enfin d’émettre un avis sur la solvabilité : si l’entreprise devait cesser toute activité, pourrait-elle, par ses actifs (réévalués au prix de marché) et ses capitaux, rembourser l’ensemble de ses dettes ? C’est la grille de lecture complète du financier — celle qui transforme des comptes en décision.

Vous souhaitez mener une analyse financière rigoureuse de votre société ou d’une cible ? Le prompt Analyse financière de Purestrat structure la démarche complète : génération de richesse, BFR et investissements, financement et rentabilités, jusqu’au diagnostic de création de valeur.