Rentable ou profitable ? Une erreur que vous ne ferez plus

95 % des gens confondent les deux. Même les journalistes, y compris ceux des Échos. Pourtant, « rentable » et « profitable » ne veulent pas dire la même chose — et confondre les deux conduit à de vraies erreurs de décision. À la fin de cet article, vous ferez partie des 5 % qui ne se tromperont plus.

Rentable ou profitable : comprendre la différence
Rentable ou profitable ? Deux notions souvent confondues, et pourtant bien distinctes.

La distinction paraît anodine, presque sémantique. Elle est en réalité fondamentale : l’une parle de profit, l’autre de création de valeur. Voyons cela simplement, sans jargon inutile, à destination des dirigeants de PME et ETI.

La profitabilité : faire un résultat positif

Être profitable, c’est faire un profit. Dit autrement, un résultat positif. Dit encore plus savamment, un résultat net positif (le terme comptable). Le profit est tout simplement la différence — donc une soustraction — entre des produits (vos ventes) et des charges (vos achats).

Vous vendez plus que vous n’achetez ? Bingo : vous faites un résultat net positif, un profit. Votre entreprise est profitable. À l’inverse, si elle achète plus qu’elle ne vend, son résultat net est négatif — dans la vie de tous les jours, on parle de déficit.

Profitabilité = une soustraction. Produits − charges = résultat net. S’il est positif, l’entreprise est profitable. C’est simple, et c’est là que la plupart des gens s’arrêtent.

La rentabilité : un ratio, pas une soustraction

Alors qu’est-ce qu’être rentable ? D’abord, c’est être profitable — donc faire un résultat net positif. Mais la rentabilité va plus loin : ce n’est pas une soustraction, c’est un ratio (on monte d’un cran dans la difficulté mathématique).

Quel ratio ? Le résultat net divisé par « ce qu’il a fallu pour réaliser ce résultat ». Et ce qu’il a fallu, ce sont les capitaux propres — ce montant que vous voyez au passif du bilan (sans entrer dans le détail).

Rentabilité = Résultat net ÷ Capitaux propres

Prenons un exemple. Vous réalisez un résultat de 15, et il a fallu 100 de capitaux propres pour y parvenir. Votre rentabilité est de 15 %. Jusqu’ici, ce n’est qu’un pourcentage. Toute son utilité va apparaître quand on le compare à autre chose.

L’utilité de la rentabilité : la comparer au coût du capital

Une rentabilité seule ne dit rien. Son intérêt est de pouvoir la comparer au coût demandé par les investisseurs qui ont apporté les capitaux. C’est cette comparaison qui révèle si l’entreprise crée ou détruit de la valeur.

Pour faire simple : celui qui a réalisé le résultat en utilisant ces capitaux crée de la valeur lorsque la rentabilité est supérieure au coût demandé par les investisseurs — et il détruit de la valeur lorsqu’elle est inférieure. Point essentiel : on ne parle de création ou de destruction de valeur que lorsqu’on calcule une rentabilité et qu’on la compare au coût du financement. Jamais lorsqu’on calcule une simple profitabilité.

L’exemple qui parle à tous les parents

Pour rendre la distinction limpide, voici un exemple qui parlera à toutes les mamans et tous les papas.

Votre ado de 16 ans vous annonce, tout content, que sa moyenne en maths est « profitable » : elle dépasse 10/20, la limite où les produits dépassent les charges. Bravo, il est profitable. Mais en tant que parent, vous lui aviez demandé une moyenne d’au moins 14/20 — c’est ça, le « prix », le coût attendu.

Premier trimestre, il ramène 12/20. Pas si mal… mais sa moyenne « ne crée pas de valeur » : elle est profitable (au-dessus de 10) mais inférieure au prix demandé (14). Aïe, l’ambiance au dîner ne va pas être à la détente.

Trimestre suivant, il se reprend et ramène 16/20, avec les félicitations de sa prof. Le prix demandé n’avait pas changé (14/20). Cette fois, sa moyenne crée de la valeur : elle dépasse le seuil attendu.

TrimestreMoyenneProfitable ? (> 10)Prix attenduValeur
1er12/20Oui14/20Destruction de valeur
2e16/20Oui14/20Création de valeur

Dans les deux cas, votre ado a ramené une moyenne profitable. Mais une fois il y a destruction de valeur, et l’autre fois création de valeur. Et c’est seulement au second trimestre qu’il a pu partir en vacances avec ses camarades, ayant rempli sa part du contrat. CQFD.

En synthèse : ne plus jamais confondre

Retenez la distinction. La profitabilité est une soustraction (produits − charges) : elle dit si l’entreprise gagne de l’argent. La rentabilité est un ratio (résultat ÷ capitaux propres) que l’on compare au coût du capital : elle dit si l’entreprise crée de la valeur pour ceux qui l’ont financée.

Une entreprise peut donc être parfaitement profitable tout en détruisant de la valeur — exactement comme l’ado à 12/20. C’est cette nuance que 95 % des gens manquent, et que vous ne manquerez plus. La prochaine fois qu’un article confondra les deux, vous saurez.

Mesurer sa rentabilité et la comparer au coût du capital, c’est le cœur du pilotage de la valeur. Le prompt Analyse financière de Purestrat vous aide à calculer vos ratios de rentabilité, à les confronter au coût des capitaux et à savoir, chiffres en main, si votre activité crée vraiment de la valeur.